Aller en Australie en bateau : comment trouver un voilier? 3 stratégies de bateau-stop à essayer

Aller en Australie en bateau-stop à partir de l’Asie du Sud-Est est un rêve pour plusieurs personnes, mais en réalité, ce n’est pas si simple de trouver un voilier qui fait la traversée! On vous partage donc les stratégies que nous avons utilisées, celles qui ont réellement fonctionné, et les points de vigilance à connaître avant de se lancer.

Stratégie n°1 : Aller dans les marinas (et y rester longtemps)

Pour se lancer dans le bateau-stop, rien de mieux que de visiter les marinas. C’est là que les capitaines s’arrêtent souvent pour faire des provisions, laisser le bateau quelques jours le temps d’aller explorer ou retourner à la maison, ou discuter avec d’autres capitaines.

Généralement, les marinas ont un restaurant ouvert au grand public et un babillard d’informations. Avant de te rendre sur le terrain, voici des actions à faire pour faciliter cette démarche.

Medana Marina Bay à Lombok, point stratégique pour aller en Australie en bateau

💡 Astuce

Nous aurions dû commencer cette étape dès la Thaïlande, puis continuer en Malaisie. Nous avons attendu d’être en Indonésie, alors que notre capitaine est finalement parti de Langkawi (Malaisie).

Préparer une affiche de présentation claire

Avant même d’arriver en marina, nous avions préparé une affiche de présentation avec :

  • une photo de nous,
  • notre itinéraire,
  • notre objectif (aller en Australie en bateau),
  • nos compétences utiles à bord,
  • nos coordonnées.

👉 Imprimer plusieurs copies, en grand format (A4), pour se démarquer, car il y a pas mal de concurrence!

Utiliser l’application No Foreign Land

L’application No Foreign Land est très utile pour repérer :

  • les marinas,
  • les restaurants fréquentés par les équipages,
  • les personnes ressources.

Nous y avons accroché nos affiches, toujours avec l’accord des lieux. Attention de ne pas utiliser cette application pour envoyer des messages, car c’est d’abord et avant tout une communauté de capitaines.

Parler à tout le monde, sans cibler uniquement les capitaines

Dans une marina, chaque personne est une alliée potentielle. Personnellement, on a trouvé ça extrêmement difficile d’aller parler aux gens, car ils sont parfois dans leur bulle ou leur activité, même pour Lucas qui est très extraverti. Alors il n’y a pas d’autre solution que de prendre son courage à deux mains, s’approcher de la table et parler. Voici ces exmples de questions que nous avons posées pour briser la glace :

  • Hello! Do you have a boat here?
  • Hey, are you sailing around Indonesia? What’s yout next destination?
  • Where do you come from?

L’idéal est de parler d’abord d’eux et de montrer de l’intérêt, et ensuite de présenter son projet.

💡 Astuce

Le matin est le meilleur moment, quand les gens prennent leur petit-déjeuner. Préparez vous à rester toute la journée à la marina, ça optimise les chances de parler à des gens!

Stratégie n°2 : Faire du réseautage sur les médias sociaux

Les médias sociaux jouent un rôle clé pour aller en Australie en bateau, à condition de les utiliser correctement.

Groupes Facebook

Nous avons rejoint un maximum de groupes Facebook de “crew connection” et de voile dans la région :

  • Asie du Sud-Est
  • Indonésie
  • Australie

Dans ces groupes, il faut :

  • ajouter des photos à votre annonce,
  • expliquer clairement sa recherche et utiliser des mots-clé.
  • faire la veille des publications faites par les capitaines, ça peut donner les pistes de qui fait le trajet.

Se rendre visible publiquement

Nous avons aussi annoncé publiquement notre recherche :

  • vidéo de présentation,
  • stories,
  • contenus facilement repartageables.

Cela permet :

  • d’obtenir des retours d’expérience,
  • d’être recommandé à d’autres capitaines,
  • d’augmenter la portée au-delà des groupes spécialisés.

Repérer les voiliers déjà en route

Grâce à :

  • des recherches Internet,
  • l’application No Foreign Land, nous avons identifié des comptes de voiliers.

⚠️ Attention à ne pas faire de démarchage agressif :

on suit, on observe, on engage une conversation uniquement si le contexte s’y prête. Les échanges sont souvent naturels et bien accueillis.

Stratégie n°3 : S’inscrire sur toutes les plateformes de crew

Il existe plusieurs sites de mise en relation entre capitaines et équipier·es. L’objectif est simple :

  • créer un profil clair,
  • indiquer explicitement l’intérêt pour aller en Australie en bateau,
  • contacter les capitaines présents en Asie du Sud-Est.

Les sites principaux sont Find a crew et Crew bay. Nous avons particulièrement ciblé les Australien·nes, qui rentrent parfois chez eux après une saison de navigation.

Flexibilité en termes de temps & lieu

Dans notre cas, le départ s’est fait un mois plus tard que prévu. Il faut accepter :

  • des délais d’attente, sur les sites, ce n’est pas comme aux marinas où les voiliers sont au même endroit que nous. Le capitaine peut se trouver dans un autre pays au moment de la prise de contact.
  • les changements de plan, car le départ peut être retardé en fonction de plusieurs facteurs.
  • l’incertitude : rien n’assure que le départ se fera comme prévu, c’est un échange et non un « billet » achété.

Quelle période pour aller en Australie en bateau ?

On a entendu des avis différents sur la meilleure période pour aller en Australie à la voile à partir de l’Asie du Sud-Est.

Notre expérience

  • Début des recherches : fin août
  • Départ fin novembre

La saison des cyclones s’étend généralement de novembre à mars.

Dans notre cas, nous étions au début de cette période. Nous avons même attendu que le cyclone Fina passe avant de traverser la mer du Timor jusqu’à Darwin.

Ce qu’il faut savoir

  • Sur une courte traversée, les fenêtres météo sont assez fiables.
  • Il est essentiel d’en discuter en détail avec le capitaine : météo, route, décisions en mer.

À retenir avant de se lancer

Aller en Australie en bateau demande :

  • du temps,
  • une présence active sur le terrain,
  • une vraie capacité à créer du lien,
  • et une bonne compréhension des contraintes météo.

Ce n’est ni rapide ni garanti, mais c’est une option réaliste pour celles et ceux qui acceptent l’attente, l’incertitude et la logistique que cela implique. On vous invite aussi à consulter notre interview avec Marion, qui a fait un tour du monde sans avion, remplie de bons conseils pour se lancer dans le bateau-stop.

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