Julie & Flo : 3 ans de voyage à vélo au long cours 

Le 15 mai 2026 marque l’anniversaire des 3 ans sur les routes à vélo pour Julie et Flo. En 2023, ils ont tout quitté – emploi, maison, stabilité – pour se lancer dans une grande aventure à deux roues, sans avion, sans date de retour. Leur périple, qui cumule plus de 43 000 kilomètres,  les a menés jusqu’en Chine. Un parcours rempli d’apprentissages et de partage. Aujourd’hui, Julie et Flo  continuent tranquillement vers l’Est, toujours à coups de pédales. 

« Le vélo, c’est voyager lentement, à son rythme. D’emblée, il fallait qu’on soit autonomes. Pouvoir bivouaquer au maximum était notre objectif. »

Comment Julie & Flo ont choisi la vie nomade à vélo

« On n’avait jamais pensé voyager à vélo, on ne connaissait personne qui avait voyagé au long cours », me confie Julie. Mais il y a 5 ans, Julie a eu un grave accident, suivi d’une longue rééducation. « C’était l’occasion de changer de vie. On a assisté à ce festival de voyage lent, où un Suisse racontait qu’il avait fait le tour du monde à vélo pendant 6 ans, et on a trouvé ça incroyable. ». Julie faisait alors du vélo chez le Kiné pour son rétablissement après l’accident, donc ça lui a semblé logique et son conjoint Flo a été aussi partant pour le projet. Quand les gens leur demandaient où ils allaient, ils ne savaient pas, et ça leur importait peu sur le moment.

« On a demandé au pendule de décider où aller », sourit Julie. « Il nous a dirigés vers Marseille, puis le tour de la Corse. » Pour se préparer, ils se sont renseignés sur le matériel nécessaire, mais à part deux expéditions de deux jours, ils n’avaient pas vraiment d’expérience sur le terrain avec les vélos. Mais ce que Julie souligne, c’est qu’on apprend aussi sur la route : « Il faut se lancer. On a beau essayer de se préparer, à un moment, on doit passer à l’action. »

Julie et Flo font un voyage à vélo au long cours depuis 3 ans

Julie et Flo mènent une vie nomade à vélo depuis 3 ans

Traversée de l’Europe à vélo : des îles italiennes aux Balkans

Après la Corse, la Sardaigne et la Sicile, Julie et Flo ont remonté toute l’Italie, traversé une partie de la Slovénie et tous les Balkans avant d’atteindre la Grèce. « On a passé notre premier hiver au sud de la Grèce, ce n’était pas très froid. Au début, on était pressés d’arriver avant l’hiver. Puis on a passé trois mois entre la Grèce et la Crète. »

L’Iran était un pays qu’ils tenaient vraiment à visiter, donc ils se sont dirigés vers l’Est, en passant par la Turquie où ils ont également passé trois mois et clôturé leur première année sur les routes : « On voulait rester un maximum de temps en Iran, trois mois, pour son histoire, son architecture. Tout au long du voyage, tout le monde nous disait que les Iraniens étaient incroyables. »

Ils ont ensuite fait un grand tour de la Péninsule Arabique (Emirats, Oman, Arabie Saoudite, Koweit, Irak, Iran) jusqu’à retourner en Arménie.

Flo en voyage à vélo au long cours

Désert Rub al-Khali, Arabie Saoudite. Crédit photo : Julie et Flo

L’Asie centrale à vélo : défis et chaleur extrême

Par la suite, Julie et Flo se sont posés en Arménie pour faire la demande d’un visa Chinois de deux fois 3 mois qui leur permettrait de rester plus de 30 jours sur le territoire, et la demande de visa de transit Turkmène. Une fois les visas en main, ils sont repassés par l’Iran, y ont clôturé leur deuxième année de voyage, puis ont traversé le Turkménistan, avec seulement cinq jours accordés pour traverser le pays. 

L’état des routes était assez compliqué et ils ont fait du stop sur une partie du trajet pour sortir avant que leur visa expire. Puis le duo a traversé l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, en empruntant le légendaire route du Pamir, avant de se diriger vers le Kirghizstan et le Kazakhstan. 

Julie et Flo au Kazakhstan. Crédit photo : Julie et Flo.

Sur la partie de l’Asie centrale, une chaleur intense était au rendez-vous. La stratégie des cyclistes était de commencer la journée très tôt le matin pour pouvoir s’arrêter vers 13 h trouver de l’ombre et déguster une pastèque bien rafraîchissante. Une fois le pic de chaleur passé, vers 16 h, ils reprenaient la route jusqu’au bivouac.

Cap sur la Chine : 44 000 km à vélo sans avion

C’est à partir du Kazakhstan que Julie et Flo continuent leur voyage à vélo en Chine, ils traversent les montagnes du Nord avant de rejoindre Urumqi, puis prennent le train, 24 heures à travers une grande zone désertique, jusqu’à Tianshui. Tout le reste du parcours chinois se fait à vélo.

Julie et Flo font, à partir de la Chine, un détour au Vietnam après l’expiration de leur visa. Durant cette période, Julie se lance dans un périple de voyage à vélo en tant que femme solo pendant 3 semaines et 900 km. 

Les défis d’un voyage à vélo de longue durée

Ce type de voyage de nomade à vélo n’est pas de tout repos : « Les défis physiques ont été importants au début. On a commencé par le tour de la Corse pendant un été avec trois canicules d’affilée, puis la Sardaigne et la Sicile. » Ils ont notamment eu des canicules, puis beaucoup de pluie : « Il y a eu deux grosses tempêtes où on a cru que la tente allait se casser… Mais après coup, ça fait des souvenirs et on en rigole ». 

Pour Julie, le froid est plus difficile à gérer que la chaleur, surtout  la pluie et l’humidité. « Ça fait plus mal au moral », dit-elle. Arriver trempé au bivouac, gérer la transpiration, faire sécher les affaires : c’est un vrai enjeu. 

Dès le départ, le duo de cycistes a appris à construire les itinéraires en tenant compte des facteurs météo : éviter les pays froids en hiver, ne pas sous-estimer une saison de pluies. « Il faut arriver à jongler avec la lenteur du voyage à vélo et les saisons », résume Julie.  Ne pas avoir de « deadline » aide beaucoup, mais ça demande aussi d’apprendre à bouger quand le moment est venu, pas quand on en a envie.

Vivre simplement : la philosophie de la vie nomade à vélo

Après trois ans sur les routes, Julie me partage ses plus grandes découvertes de sa vie nomade à vélo : « On peut vivre avec très peu de choses, très simplement. Tout ce dont tu as besoin, tu le transportes. Même si tu es habillée toujours pareil, ce n’est pas important ».

Julie et Flo profitent d'un paysage grandiose durant leur voyage à vélo au long cours

La seconde découverte concerne l’accueil : « L’hospitalité incroyable des gens dès qu’on quitte l’Europe. Ils nous invitent à manger, à dormir. L’Iran a été fabuleux de ce point de vue. »

Si au départ le couple utilisait des plateformes comme Warm Showers ou Couchsurfing, ils ont rapidement changé d’approche : « Ça demandait beaucoup d’énergie pour parfois peu de résultats. Maintenant, ce sont surtout des hébergements spontanés. Quand on voyage à vélo, on attire la curiosité, les gens veulent échanger avec nous et souvent ça suffit pour créer un lien. » 

Mais elle souligne que c’est important de s’écouter aussi : « Parfois, on a donné tout notre quota de sociabilité. Même si les gens veulent nous accueillir à tout prix chez eux, on ne va pas être disponibles. Il faut arriver à le gérer pour soi, et pour les autres aussi, sans les vexer. »

Bivouac à vélo au Tadjikistan.

Gestion mentale et spiritualité : l’autre face du voyage à vélo longue durée 

Pour Julie, ce mode de vie amène aussi une connexion profonde avec elle-même, car c’est important de trouver un équilibre : « On apprend à s’écouter corporellement, à être plus attentif aux signaux, à distinguer quand il ne faut pas en faire une montagne et quand on peut avancer. » Par exemple, lorsqu’elle était en Bosnie, elle a eu un nerf bloqué en bas du dos. Le couple a alors adapté l’itinéraire et loué un appartement pour une semaine, le temps qu’elle se guérisse.

Un autre aspect intéressant que Julie développe durant le voyage est celui de la spiritualité et de la gratitude : « Il y a cet aspect de demander ce dont tu as besoin, à l’univers ou à Dieu si tu es croyant, et de remercier. Aux premiers coups de pédale, je remercie pour le bivouac, pour les gens qui nous ont accueillis. Quand on est dans des situations compliquées, je sais que je peux compter sur ça. C’est assez incroyable parce que souvent, ça marche. Ce qu’on pense a vraiment une influence sur ce qui peut nous arriver. » 

Julie durant son voyage à vélo au long cours

Le vélo offre justement le temps de réfléchir et de plonger dans un état méditatif, alors que dans un quotidien classique effrené, on est souvent en train d’enchaîner des évènementrs très rapidement : « Quand tu pédales, tu as le temps de faire des nœuds dans ta tête ou de ne penser à rien, d’essayer différentes techniques de méditation. Tu te rends compte que ce que tu penses peut avoir une influence… mettre le focus sur ce qui est important pour toi », explique Julie. 

Voici un exemple de comment elle le pratique :  « Dans une tempête ou un brouillard, j’imagine que je suis déjà en haut, que c’est déjà terminé. Je mets dans mon corps la sensation que j’ai réussi. C’est un exercice très efficace. »

En route vers le Japon, la suite du voyage à vélo au long cours

La suite ? Aller vers l’Est, pour rejoindre la Corée du Sud en ferry, puis le Japon, et explorer ces pays à vélo. 

Julie prépare également un projet aider celles et ceux qui voudraient se lancer : « L’idée est d’aider ceux qui veulent voyager à vélo mais qui n’osent pas, noyés dans toutes ces informations. Les aider pas à pas, en évoquant tous les aspects : matos, budget, itinéraire, mais aussi préparation mentale, gestion du stress, avec des retours d’expérience concrets. » et d’accompagner et partager leur expérience celles et ceux qui veulent se lancer dans un voyage au long, tout quitter, car les problématiques ne sont pas les mêmes. 

Suivre Julie & Flo en voyage à vélo

Ce voyage à vélo transcontinental, c’est aussi une aventure introspective, et Julie a créé le Livre Vivant pour partager son carnet de voyage au quotidien (récit immersif et photos) à ses abonnés via Substack, ce qui aide aussi le duo de cyclistes à financer le voyage. Alors, si le sujet vous intéresse, je vous encourage vivement à les suivre et à les encourager! 

👉🏽 Le livre vivant : https://julieetfloavelo.substack.com/s/le-livre-vivant 

👉🏽 Suis les aventures de Julie et Flo sur Instagram 

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Julie et Flo en Iran.

Tu as envie de sortir des sentiers battus et d’adopter un mode de voyage plus éthique, responsable et immersif? Ce guide est pour toi !

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