Partir 1 an en voyage : mon expérience en slow travel

Le 5 avril 2025, je quittais la Belgique pour un voyage d’un an. Mon objectif initial : rejoindre l’Australie sans avion, en prenant le temps. Le départ s’est fait à la gare de Bruxelles, un sentiment assez spécial : c’est comme si je prenais un train pour aller dans une autre ville, pas un gros tour du monde. Lucas, mon copain, m’a accompagnée sur le quai : on se reverrait dans 4 mois, en Thaïlande, quand son CDI prendrait fin. En Asie du Sud-Est, j’ai aussi eu l’occasion de voyager avec mes parents pendant 4 mois, eux aussi nomades.

Huit mois plus tard, on arrivait en Australie, plus précisément au port de Darwin, en voilier. Entre-temps, il y a eu des trains de nuit, des bus interminables, des moments magiques et aussi quelques imprévus qui ont forcé à revoir le plan. L’objectif sans avion n’aura pas été accompli dans sa totalité, mais le parcours a été incroyable, je te raconte tout dans cet article.

Un an après, j’ai surtout compris une chose : voyager long terme, ce n’est pas des vacances, c’est la vie autrement.

Comment préparer un voyage quand on part 1 an

Avant de partir un an, on pense souvent à l’itinéraire, mais il y a plusieurs aspects à prévoir pour une aventure réussie.

Les formalités administratives

Chaque pays a ses règles et s’il y a un point à ne pas négliger AVANT DE PARTIR, c’est celui-ci!! Durée maximale de séjour, visa ou non, possibilité de sortie temporaire (visa run), conditions d’entrée, etc.

Dans mon cas, j’ai sous-estimé certains points. Par exemple, l’entrée en Chine. Je pensais pouvoir utiliser une exemption de visa avec mon passeport canadien et sa politique de transit, mais ce n’était pas possible depuis l’Ouzbékistan. Résultat : changement de plan, et un vol que je n’avais pas prévu.

Je te suggère de te renseigner en profondeur et directement avec les sources du gouvernement de ton pays d’origine et du pays d’entrée, pas avec des articles de blog ou de l’IA.

Les trajets

Partir 1 an en voyage

Pour organiser un itinéraire sur un an, quelques outils m’ont beaucoup aidée :

  • Rome2Rio pour trouver les trajets
  • The man in the seat 61 pour les trains
  • 12go Asia pour réserver en Asie
  • La communauté l’Alibi, présente sur Facebook et Instagram, ainsi que sur Discord pour discuter avec d’autres membres

L’équipement

Je suis partie avec un sac de 35L. Quelques mois plus tard, je suis passée à 45L en faisant un échange de sac à dos avec ma maman, qui n’avait pas de matériel photographique.

Au début, voilà ce que j’avais :

  • un sac principal
  • des cubes de rangement (indispensables pour éviter de tout sortir à chaque fois)
  • un sac à viande
  • une serviette de voyage
  • un petit sac frontal pour l’ordinateur et les objets importants
  • une banane pour les papiers
  • un appareil photo avec ses accessoires
  • Une liseuse KOBO
  • un carnet de voyage

Ce qui a changé en cours de route :

  • le sac
  • j’ai réduit mes vêtements
  • j’en ai racheté dans des marchés ou des friperies

Mon outil pour organiser des voyages

J’ai regroupé toute ma planification dans un template Notion, conçu pour le voyage long terme slow travel :

  • toutes les infos au même endroit (logement, transport, docs)
  • accessible hors ligne

Quel budget prévoir pour voyager un an ?

Dans mon cas, j’ai dépensé environ 15 000 $ CAD (environ 10 000 €) pour une année de voyage, avec un budget d’environ 1000 à 1500$ par mois.

Ça inclut :

  • transport
  • hébergement
  • nourriture
  • activités

À noter que ce budget exclut mes dépenses personnelles hors voyage.

Comment j’économise en voyage

Au fil des ans, j’ai développé plusieurs stratégies pour économiser en voyage:

  • Transport : la plus grosse dépense! Pour la partie Europe, le Pass interrail permet d’économiser. Pour les autres transports, voyager en basse saison, être flexible au niveau des horaires et essayer de réserver d’avance lorsque possible permet souvent d’avoir les billets à moindre coût.
  • Hébergement : réduit grâce au house sitting (en Australie) au logement chez l’habitant, aux auberges de jeunesse et aux homestays.
  • Nourriture : je privilégie les logements avec cuisine pour pouvoir préparer mes repas, ou des petits restos locaux pas chers mais bien cotés.

Est-ce que j’ai travaillé ?

Oui. J’avais des revenus grâce à mon activité freelance. D’ailleurs, j’en parle plus en détail dans l’article sur Travailler à distance en freelance.

Voyager et travailler, ça implique de s’adapter à différents environnements en permanence!

Slow travel vs voyage classique

Voyager lentement m’a aussi permis de réduire certains coûts :

  • moins de transports : plus on voyage lent, plus le coût des transports s’amoindrit.
  • passage par des zones non touristiques : coûts moins élevés que dans les endroits très prisés.
  • accès à des alternatives (chez l’habitant, house sitting)

À l’inverse, les voyages rapides avec avion peuvent vite faire monter le budget.

Itinéraire Europe – Australie sur 1 an

L’itinéraire a évolué en permanence, mais voici la trame globale :

  • Belgique → Turquie (train via Europe), tu trouveras les détails sur cet étape dans l’article Bruxelles – Istanbul en train
  • Turquie → Géorgie, des paysages à couper le souffle avec de magnifiques arrêts (voir Turquie et Géorgie par voie terrestre)
  • Géorgie → Kazakhstan : Passage au-dessus de la mer Caspienne en avion pour éviter la Russie
  • Kazakhstan → Ouzbékistan → Kazakhstan (magnifique chemin sur les traces de la soie grâce au système ferrioviaire hérité de l’Union Soviétique).
  • Kazhakstan → Vietnam : Avion pour passer au-dessus de la Chine (non prévu, en raison d’un manque de planification pour l’obtention du visa chinois. Ceci ne s’applique pas aux ressortissants de l’UE).
  • Vietnam → Laos → Thaïlande → Malaisie : entièrement en train et en bus
  • Malaisie → Indonésie : Ferry Pelni Batam – Jakarta.
  • Indonésie → Australie ; Traversée en voilier
  • Australie (Darwin → Perth en 4×4)

Quelques chiffres

  • 45 000 km parcourus
  • 23 trains (dont 7 de nuit)
  • 24 bus
  • 7 ferries
  • 1 voilier
  • 2 avions (imprévus)

Mes ressentis après 1 an de voyage

Je me sens surtout très reconnaissante : envers moi-même d’avoir osé me lancer dans ce périple et ce mode de vie, envers mes proches pour leur soutien inconditionnel, et envers ma situation privilégiée avec deux passeports qui sont quand même très forts (malgré leurs limites pour la Chine!) et qui me permettent de faire ce voyage en slow travel – ce n’est vraiment pas le cas de la majorité de la population mondiale.

Voyager un an, ce n’est pas des vacances. C’est probablement ce que j’aurais aimé comprendre dès le début, au contraire, c’est très épuisant : la logistique, les décisions en permanence, en plus du travail à gérer.

Après plusieurs mois, j’ai frappé un mur, un burn-out. Mon corps me l’a fait comprendre : je suis tombée malade et j’avais besoin de repos. Sur Instagram, on a souvent l’impression que les gens qui voyagent au long cours ont une vie de rêve, mais on ne voit pas tout le temps les coulisses.

C’est seulement après ça que j’ai commencé à trouver un rythme plus juste.

  • rester plus longtemps au même endroit
  • accepter de ne rien faire certains jours
  • arrêter de vouloir “rentabiliser”

Aujourd’hui, je me sens à ma place, mais ça m’a pris beaucoup de temps pour mieux apprendre à écouter mon corps.

Ce que j’aurais aimé savoir avant de partir 1 an

  • C’est OK de ralentir
  • C’est OK de rester plusieurs jours sans bouger
  • Voyager un an demande beaucoup d’énergie
  • Mieux vaut moins d’étapes, mais plus de temps sur place

Si c’était à refaire :

  • Je réduirais encore le rythme
  • Je planifierais mieux mes temps de travail freelance
  • Je me renseignerais mieux sur les formalités administratives.
  • Je choisirais mieux les activités touristiques pour être dans une approche de tourisme communautaire.

Voyager solo, en couple ou en famille

Durant ce voyage, j’ai eu l’occasion de faire les 3 types de voyage, puisque j’ai commencé l’aventure solo, puis rejoint mes parents qui étaient aussi en tour du monde, et finalement poursuivi avec mon copain pour rejoindre l’Australie et commencer un PVT. Voici mes conseils pour les différents types de voyage

Voyage solo

C’est une expérience vraiment formatrice, que je recommande à tout le monde! Voyager solo, c’est la meilleure façon de faire des rencontres sur la route et de laisser place à l’inattendu, dès qu’on est seul, on a plus de chances de partir faire des activités avec d’autres personnes en solo.

Avantages : On a la liberté de choisir où on va, ce qu’on fait, à son rythme et sans concessions.

Désavantages : Toute la charge mentale repose sur nous, personne ne va prendre les décisions à notre place ni faire les réservations ou trouver les informations. Même si on est souvent entourés de gens, on peut vite aussi sentir un sentiment de solitude car les rencontres sont éphèmeres et notre cercle habituel ne comprendra pas nécessairement la réalité qu’on vit.

Voyage en couple

Voyager dans des contextes difficiles, hors de la zone de confort, probablement que rapproche un couple ou ça le distance. C’est vraiment une belle épreuve, mais surtout une magnifique expérience.

Avantages : On a en permanence une personne pour nous soutenir, dans les moments bas comme dans les hauts. On ne se sent pas seul, et partager des moments aussi incroyables avec notre partenaire est vraiment précieux. En plus, ça permet de diviser en deux presque tous les coûts : hébérgements, transports, etc. Donc c’est beaucoup plus rentable!

Désavantages : Moins d’espace pour du me time, vu qu’on est presque tout le temps ensemble, c’est pourquoi on recommande de se garder ses espaces et les incorporer au quotidien! Un peu moins facile de faire des rencontres, quand les gens voient un couple, ils osent moins venir nous parler.

Voyage en famille

Voyager en famille, c’est vraiment une belle expérience et surtout l’occasion d’avoir des moments de qualité, car dans le quotidien on ne se voit pas autant qu’en voyage. Ici, l’important est de trouver un rythme qui convient à tout le monde.

Avantages : Les responsabilités sont partagées, et on peut se permettre d’avoir de meilleurs logements en divisant les coûts. Vu que c’est la famille, on se connaît bien et on sait s’adapter aux autres.

Désavantages : Plus de personnes = plus d’intérêts à considérer, donc la prise de décisions peut être moins facile.

Documenter un long voyage

Quand on se lance dans un long voyage, on va probablement vouloir le partager aux autres et garder des traces. Documenter son voyage, c’est quelque chose

Polarsteps

C’est le format le plus brut, authentique, sans penser à la forme. En plus, ça permet de voire visuellement sur la carte le chemin parcouru et à nos proches de voir où on est rendus. Je recommande vraiment de le faire, relire ces moments permet de se rendre compte de tout ce qu’on a vécu. On peut le faire aussi court ou long qu’on le veut, c’est le plus simple à mettre en place et à garder.

Instagram

Ça m’a permis de connecter avec d’autres voyageurs, et d’avoir du soutien. C’est aussi une vitrine portfolio, un espace parfait pour se lancer dans la création de contenu et expérimenter avec le storytelling.

Le blog

C’est une manière de structurer l’expérience. Et de partager ce que j’aurais aimé trouver avant de partir. Par contre, ça prend beaucoup de temps et d’énergie pour peu de retours concrets de personnes qui peuvent en bénéficier. Il y a aussi des coûts associés au site web et à son hébérgement, mais à mon avis ils valent largement la peine.

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